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  • Les psychotraumatismes – La victime d’attentat et sa famille face au traumatisme : traumatisme individuel, répercussions familiales

    Les psychotraumatismes – La victime d’attentat et sa famille face au traumatisme : traumatisme individuel, répercussions familiales

    Dans un monde où la résistance humaine est souvent mise à l’épreuve, comprendre les impacts des traumatismes tels que les attentats, sur les liens familiaux est essentiel. C’est précisément le défi que s’est lancé Julianne Kuhn, doctorante en psychologie clinique à l’Université Marie et Louis Pasteur, à Besançon (25). À travers son projet de recherche FAVITAacronyme de FAmilles – VIctimes – Traumatismes – Attentats – financé par un contrat doctoral, elle explore la manière dont le traumatisme, provoqué par un attentat, bouleverse les dynamiques familiales. Sous les directions de la Professeure Magalie Bonnet et de la Maître de conférences Alexandra Vidal-Bernard, et en collaboration avec la coopérative AIR, Julianne Kuhn aspire à souligner les spécificités du traumatisme à la suite d’un attentat pour mieux appréhender la prise en charge des victimes et travailler sur l’aspect familial autour du traumatisme. Ce travail promet des avancées significatives, non seulement pour les victimes, mais aussi pour les pouvoirs publics et la société dans son ensemble.

    De solides assises scientifiques pour ce travail de recherche : une évidence pour Julianne Kuhn

    Julianne Kuhn effectue sa thèse sous la co-direction de Mme Magalie Bonnet, Directrice du département de psychologie, Professeure en psychologie clinique et psychopathologie, psychologue clinicienne et de Mme Alexandra Vidal-Bernard, Psychologue clinicienne, Maîtresse de Conférences en psychologie clinique et psychopathologie. Elle est également réalisée en collaboration avec AIR, coopérative œuvrant dans le domaine de la vulnérabilité (handicap, vieillissement, protection de l’enfance, etc.). La recherche de Julianne Kuhn s’inscrit dans les thématiques de recherche de AIR, notamment sur les psychotraumatismes. Mme Florence Mathieu-Nicot, Maître de Conférence en psychologie de la Santé, Clinique et en Psychopathologie, Psychologue clinicienne, participe à la méthodologie, aux réunions de travail et au cadre conceptuel de la recherche. Mme Aurore Pernin, de par son expérience, apporte le soutien dans la démarche et le lien quant à la recherche de participants par le biais de l’AfVT (Association française des Victimes du Terrorisme).

    L’attentat, l’attaque d’un humain par un autre humain

    Lorsqu’on lui demande pourquoi, selon elle, le thème de l’attentat et de son impact sur les liens familiaux est si peu abordé dans la littérature jusqu’à présent, Julianne Kuhn répond que les attentats du 13 novembre 2015 ont été un accélérateur : “Il y avait déjà des recherches sur les traumatismes de guerre ou les génocides auparavant. Mais au niveau francophone, ces attentats ont été les premiers dont la violence a été très exposée et médiatisée en direct et qui ne ciblait pas uniquement des groupes spécifiques (journalistes, politiques, etc.). Il n’y avait plus la possibilité de dénier cette violence et je dirais qu’ils ont éveillé les consciences et ouvert la voie à la recherche” évoque Julianne Kuhn. Les premières conclusions des recherches menées sur ces attentats datent en effet de 2019, les recherches ayant débuté dès 20161, notamment concernant la prise en charge de l’immédiat et de l’urgence : le debriefing et le stress post-traumatique. Ce qui était impensable devient alors possible : un humain attaque un autre humain, parce qu’il est humain. L’humain devient alors une cible.

    Répercussions familiales, identité et transmission

    Plusieurs thèmes avaient déjà été abordés par des chercheurs : “L’attentat, la famille dans le traumatisme lorsque tous les membres vivent le traumatisme ou encore le stress post-traumatique ont fait l’objet de recherches par exemple. Il s’agissait de traumatismes vécus en famille : traumatisme intra-familial, faits de violence, cambriolage, accident, attentat, etc. Mais le thème de l’impact indirect sur la famille dans le cas où un seul membre vit un traumatisme, et comment ce traumatisme se répercute sur les autres membres, n’a pas été très abordé à ce jour. Des recherches existent sur le sujet de la guerre, de la shoah, de la déportation par exemple, mais pas du tout sur le thème des attentats” développe Julianne Kuhn. “Un article très récent commence à questionner cette dimension : Fierdepied, S., Motreff, Y., Pirard, P., & Baubet, T. (2024). Impact des attentats du 13 novembre 2015 sur les enfants des civils exposés et sur les relations parents–enfants2” complète-t-elle. En effet, selon Castro (Castro, 2020), lorsqu’une personne subit un traumatisme, elle subit également un bouleversement de l’être, un changement radical de la personnalité, une “transfiguration de la personnalité”. Le sujet doit alors se reconstruire sur de nouvelles bases identificatoires. Il cherche de nouveaux repères, change de comportements, change d’idéal. Alors, le groupe famille peut-il toujours l’accepter en son sein ? Également, la famille est réceptacle de transmissions, conscientes et inconscientes (Lev–Wiesel, 2007). Les séquelles du traumatisme sont transmises inconsciemment aux sujets qu’elles contagionnent. Ils en héritent sous la forme d’un vide irreprésentable. Catherall (1998) décrit la famille après un traumatisme comme un lieu où « chacun des membres peut être physiquement proche, mais dans lequel l’expressivité émotionnelle est restreinte ou absente. Il y a un manque de connexion authentique ou de véritable proximité au sein de la famille ».

    La question du lien et de l’attachement : un sujet qui intéresse et fait sens

    Julianne Kuhn s’intéresse très tôt dans son parcours universitaire à la question du lien et à la notion de l’attachement, très connectée dans la littérature à la question du traumatisme dans une approche intégrative. Après avoir effectué ses trois premières années de licence à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon, dans le cursus Licence de psychologie où elle rencontre Magalie Bonnet, elle se penche sur la question du traumatisme en Master 1. Puis elle sollicite un Master 2 de recherche en psychologie et s’intéresse particulièrement à la question de l’attachement et à l’aspect groupal, sujets de prédilection de Magalie Bonnet : “La perspective de mener une thèse sur ce sujet venait de mon intérêt pour l’aspect groupal, que Mme Bonnet enseignait pendant mon année de Licence 3. Le thème du traumatisme m’intéressait, donc j’ai recherché un stage sur la thématique du psychotraumatisme que j’ai trouvée en Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP)” explique Julianne Kuhn. Elle s’est intéressée à l’impact du traumatisme sur les liens groupaux. Magalie Bonnet s’intéresse en effet depuis de nombreuses années à l’attachement, vraie valeur ajoutée dans la façon dont la vieillesse, la maladie et le traumatisme peuvent attaquer le sujet et les liens : “On peut poser le postulat de base que sans lien, nous n’existons pas, on meurt. Et donc, j’ai un intérêt pour tout ce qui fait entrave aux liens, mais aussi aux répercussions et impacts de ces attaques des liens” analyse Magalie Bonnet. Le thème spécifique de l’attentat est venu par la suite, notamment lors du stage de Julianne Kuhn en CUMP, avec M. Jérémie Rey, psychologue coordinateur de la CUMP du Haut-Rhin (68) : “je me suis intéressée plus spécifiquement aux attentats par le biais des personnes que j’ai rencontrées” précise-t-elle. Intuition confirmée par deux aspects : d’une part le nombre conséquent de personnes qui ont contacté Julianne Kuhn à la suite de la transmission du flyer parmi les membres de l’AfVT (Association française des Victimes du Terrorisme), preuve que l’attentat et l’impact sur les liens familiaux et du groupe sont des sujets qui intéressent et font sens. D’autre part, “la revue de littérature autour de l’attentat comme événement traumatique n’est pas très riche” s’est rendu compte Julianne Kuhn.

    La recherche : un enjeu pour l’accompagnement des victimes et de leur famille

    Julianne Kuhn formule une problématique de départ qui peut se résumer ainsi : comment l’effraction traumatique modifie la façon d’être du groupe famille ? Plusieurs hypothèses exploratoires en découlent :

    • hypothèse familiale : on suppose que le traumatisme de l’attentat impacte l’ensemble de la famille de la victime, en perturbant l’homéostasie familiale et mettant à mal les liens qui unissent ses membres, qui doivent alors être remaniés, repensés. Nous devrions donc observer : un remaniement des liens familiaux traduit soit par le repli de la famille sur elle-même avec un sentiment de cohésion très fort, soit à l’inverse par une plus grande distanciation entre les membres voire une séparation complète. Cette hypothèse aborde l’impact particulier du traumatisme sur les liens de la victime avec sa descendance et/ou conjoints et la question de la transmission avec ses membres.
    • hypothèse individuelle : on cherche à montrer d’une part la spécificité du traumatisme de l’attentat par rapport à d’autres traumatismes. On s’attend ainsi à voir ressortir des spécificités, des divergences, des symptômes et des réactions qui seraient propres au traumatisme intentionnel, en plus des éléments plus généralisés du traumatisme. On cherche à montrer d’autre part l’enjeu de la qualité d’attachement initial de la victime sur sa capacité à “supporter” le traumatisme, et le remaniement – ou non – de cet attachement suite à l’attentat. On s’attend ici à voir apparaître des différences au niveau des répercussions du traumatisme entre les personnes ayant un attachement initial plutôt sécure ou plutôt insécure. On s’attend à observer un type d’attachement spécifique développé post-traumatisme.

    En effet, nous supposons que le traumatisme individuel effracte tout le groupe famille, ce qui se traduirait par : un sentiment d’insécurité (angoisse des autres, du monde extérieur), un repli sur soi et sur la famille (éloignement social, surinvestissement des autres membres de la famille), le développement de mécanismes de défenses (inhibition de la parole autour de l’attentat), la mise à mal des capacités créatives de la famille (impossibilité à imaginer, à penser).” développe Julianne Kuhn.

    La doctorante a diffusé un flyer de la recherche auprès de l’AfVT (Association française des Victimes de Terrorisme) afin de rechercher des participants.

    Pour participer à la recherche, chaque personne doit : 

    • avoir été victime d’un attentat et avoir été la seule de sa famille
    • être majeure au moment des faits
    • présenter au moins 2 générations pour l’entretien familial ou se présenter seule pour l’entretien familial si la victime témoigne d’une rupture de liens avec sa famille depuis l’attentat (qui doit être identifié comme cause de la rupture)
    • accepter l’entretien familial mais aussi individuel
    • être en capacité de dessiner
    • donner son consentement à la recherche

    Julianne Kuhn privilégie une démarche qualitative. “Mon objectif est d’interroger 5 à 10 victimes en rupture de lien et 5 à 10 familles avec un sentiment de cohésion très fort, soit en tout 10 à 20 victimes au total” ajoute Julianne Kuhn.

    La recherche s’articule autour d’une méthodologie en trois temps :

    • un temps de rencontre avec la victime et le chercheur pour évoquer l’attentat, le traumatisme
    • un temps de rencontre avec la personne et sa famille, ou la personne seule si celle-ci témoigne d’une rupture de lien ayant pour cause l’attentat. L’attentat n’est pas abordé directement, mais la rencontre se fait autour des tests projectifs familiaux (dessins) :
      • questions sur la construction de la famille (ancêtres, rencontre du couple parental, enfants, etc.) : dessin de l’arbre généalogique (génographie projective, Cuynet, 2015)
      • questions autour de l’habitat : dessin de la maison blessée (Derbal et al., 2025) et dessin de la maison de rêve (spatiographie projective, Cuynet, 2017)
    • un temps de rencontre avec la victime qui reprend le temps en famille et lors duquel le chercheur s’attarde davantage sur la question de l’attachement initial et actuel de la victime.

    Pour aller plus loin…

    Une thèse financée durant trois années par un contrat doctoral établissement sur le thème des répercussions de l’attentat pour la famille est l’opportunité de souligner les spécificités du traumatisme à la suite d’un attentat pour mieux appréhender l’accompagnement des victimes et des proches impactés, et de travailler sur la répercussion et la transmission familiale autour de ce traumatisme. La thèse est financée par l’école doctorale SEPT (Sociétés, Espace, Pratiques, Temps). Il s’agit d’un contrat doctoral, CDD de droit public allant du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2027. Julianne Kuhn et avec elle, ses deux co-directrices de thèse, Magalie Bonnet et Alexandra Vidal-Bernard, cherchent à apporter des éléments concrets pour évaluer les conséquences à court, moyen et long termes. “Dans le cadre de cette recherche, nous pourrons mettre en place des entretiens de groupe éventuellement, pour confirmer notre hypothèse selon laquelle l’attentat a des répercussions sur le lien groupal” ajoute Julianne Kuhn. “À long terme, nous pouvons imaginer être forces de proposition pour les centres de psychotraumatismes (CUMP, etc.), reconnaître davantage le traumatisme au sein de la famille ou encore donner des outils pour gérer la transmission de l’information au sein du groupe” complète-t-elle. “Nous entendrons encore parler de la thèse de Julianne Kuhn à travers des interventions, des publications scientifiques, des communications scientifiques et des colloques par exemple” précise Magalie Bonnet. “Nous pouvons imaginer également des sujets pour les aidants, des formations, des outils pour les personnes qui entourent les victimes” ajoute-t-elle.

    Plus largement, ce thème contribue à une meilleure compréhension des victimes, notamment dans le cadre judiciaire. Cette thèse permet de développer une meilleure vue d’ensemble de la personne victime d’un traumatisme et d’élargir la réflexion sur les conséquences des psychotraumatismes.

    Depuis de nombreuses années, AIR étudie les psychotraumatismes et a organisé plusieurs colloques et formations sur ce sujet depuis sa création en 1985. Soutenant pleinement la recherche menée par Julianne Kuhn, qui s’inscrit en cohérence avec ses axes de travail, AIR envisage d’organiser prochainement un nouveau colloque dédié à cette thématique dans ses aspects plus spécifiques.


    L’origine de la recherche

    Julianne Kuhn est une brillante doctorante en psychologie à l’Université de Franche-Comté, Sciences du Langage, de l’Homme et de la Société de Besançon, qui porte le projet FAVITA. FAVITA est l’acronyme de la recherche : FAmilles – VIctimes – Traumatismes – Attentats. Elle travaille sur l’attentat comme événement traumatique, et la question du lien, ici avec la famille.

    Après cinq années d’études, elle présente son travail de recherche en Master 2 sur le thème : “Victimes d’attentats : quand le traumatisme effracte la famille”. Le projet de thèse et plus précisément la demande de financement pour le contrat doctoral, a été validé au sein du laboratoire de psychologie (UR3188) de l’Université Marie et Louis Pasteur. Suite aux différentes validations, elle a été convoquée pour présenter le projet devant un jury pluridisciplinaire, membres de l’Ecole doctorale SEPT octroyant le financement, qui regroupe l’ensemble des Sciences Humaines et Sociales. Après une mise au concours de la bourse doctorale, elle est acceptée et obtient un financement de l’Université. Elle se lance alors dans une thèse sur l’impact du traumatisme des victimes d’attentats et leurs familles.

    Si la thèse de Julianne Kuhn a été remarquée parmi celles présentées, c’est parce qu’elle présente un intérêt notable pour la recherche et promet des publications et des chapitres d’ouvrages passionnants. En effet, il est à parier que ce travail de recherche aura des répercussions et un impact pour toutes les victimes d’attentats et leurs familles, mais aussi pour les pouvoirs publics et la société de façon large.

    AIR – Action Information Recherche :

    Fondée en 1985, l’Association AIR (Action Information Recherche), devenue une SCIC en 2021, a été impulsée par le Docteur Monique Martinet, Neurologue Psychiatre Pédiatre, Expert Formateur Européen ayant une expertise notable dans le champ du handicap depuis une quarantaine d’années. AIR s’est fixée comme éthique une obligation de moyens au service des familles par le biais de techniques et d’outils novateurs, en liaison étroite avec la recherche médicale, les professionnels de terrain et les Universités.

    AIR se décline en quatre pôles : Clinique (consultations, audits, expertises, conseils), Formations (handicap, vieillissement), Informatique (au travers du logiciel AIRMES), Recherche (conduites de projets de recherche scientifique, valorisations et colloques).

    AIR, au travers de ses différents services soutient et porte :

    1. Des valeurs de soin et d’accompagnement
    2. La recherche de compétences
    3. La transmission, la disponibilité et le partage
    4. La stimulation scientifique

    1. Thèse de Pirard (Pirard, P. (2022). Recours aux soins de santé mentale pour les personnes civiles exposées aux attentats du 13 novembre 2015. Description des parcours de soins et analyse de leurs déterminants [Thèse de doctorat – Santé publique et épidémiologie]. Université Paris-Saclay.)

      Pirard, P., Motreff, Y., Lavalette, C., Vandentorren, S., Baubet, T., Messiah, A., & Groupe Treize-Novembre. (2019). Enquête de santé publique post-attentats du 13  novembre 2015 (ESPA 13-Novembre) : Trouble de santé  post-traumatique, impact psychologique et soins,  premiers résultats concernant les civils. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 38‑39, 747‑755.

      Fierdepied, S., Pirard, P., Motreff, Y., & Baubet, T. (2024). Étude longitudinale des changements éprouvés par les civils exposés aux attentats de novembre 2015 à Paris. Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique. https://doi.org/10.1016/j.amp.2024.03.011

      Stene LE, « La recherche face au terrorisme : impact sanitaire et social des attentats à Paris en 2015. Connaissances acquises et perspectives », Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n°38-39, 2018 (Editorial)

      Vandentorren S., Pirard P., Sanna A., Aubert L., Motreff Y., Vuillermoz C., Lesieur S., Chauvin P., Dantchev N., Baubet T.,  « Etude IMPACTS : Investigations des manifestations traumatiques post-attentats et de la prise en charge thérapeutique et de soutien des personnes impliquées dans les attentats de janvier 2015 en Ile-de-France », Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n°38-39, 2018,  pp.738 – 748

      Eustache, F., & Peschanski, D. (2021). Le Programme 13-Novembre : Le cheminement d’une recherche transdisciplinaire. médecine/sciences, 37(11), Art. 11. https://doi.org/10.1051/medsci/2021180 ↩︎
    2. Fierdepied, S., Motreff, Y., Pirard, P., & Baubet, T. (2024). Impact des attentats du 13 novembre 2015 sur les enfants des civils exposés et sur les relations parents–enfants. Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence, 72(7), 334‑340. https://doi.org/10.1016/j.neurenf.2024.06.002 ↩︎


    Rédaction : Lucille Blondé ; Relectures : Magalie Bonnet, Julianne Kuhn, Monique Martinet, Aurore Pernin, Florence Mathieu-Nicot

  • Inscrivez-vous au colloque – Les troubles de l’attachement et des apprentissages chez l’enfant

    Inscrivez-vous au colloque – Les troubles de l’attachement et des apprentissages chez l’enfant

    Le jeudi 6 octobre 2022 – Espace Grammont, 20 rue Mégevand, 25000 Besançon

    Organisé par :
    AIR – Action Information Recherche

    Les connaissances actuelles proposent une vision du développement plus intégrée, mettant en relation les troubles de l’attachement avec les problèmes de socialisation tant de l’enfant que de l’adolescent, avec tout ce que cela implique pour le traitement de l’un et de l’autre.

    Les professionnels ont besoin de disposer d’un corpus de savoirs fondamentaux constitué de données issues notamment de la psychologie, de la médecine, des sciences sociales (le développement socio-affectif et psychomoteur de l’enfant, ses besoins fondamentaux, les signes de la souffrance infantile, les compétences parentales, les indicateurs de maltraitance, ou encore les causes des difficultés d’apprentissage), pour conduire leur action auprès d’enfants / adolescents en grande difficulté familiale et/ou sociale, et de leurs parents.

    L’objectif de ce colloque est de diffuser les travaux récents dans le domaine de la prévention et du traitement des difficultés psychosociales et cognitives développementales des petits enfants.

    L’étude des difficultés d’apprentissage d’un enfant nécessite d’explorer ses compétences en termes de fonctionnement intellectuel et adaptatif (capacité à utiliser des compétences conceptuelles, sociales et pratiques dans son environnement social), dans l’objectif de déterminer d’éventuels facteurs en jeu, tels qu’un déficit instrumental et/ou une déficience cognitive. L’étude de l’impact du contexte psychosocial intervient dans un deuxième temps, une difficulté dans ce domaine peut se surajouter à un Trouble Neuro-Développemental.

    Le développement socio-émotionnel chez le petit enfant, les neurosciences affectives :

    De nombreuses recherches portent sur le développement émotionnel et affectif de l’enfant, étudiant notamment l’intelligence émotionnelle, son support cérébral, la capacité à identifier et réguler ses propres émotions, à établir des relations ; mais également l’impact de l’environnement, notamment du maternage et de l’éducation sur la façon d’être, d’établir des interactions harmonieuses ou encore de réagir aux évènements – soit porter une attention toute particulière aux « 1000 premiers jours » de chaque enfant.

    Les besoins fondamentaux Universels de l’enfant dont le méta-besoin la sécurité :

    Pour le petit enfant, disposer d’un lien stable et sécurisant avec une figure maternelle répondant à ses besoins est primordial : besoins vitaux (physiologiques et de santé, de protection, affectif et relationnel) dont un méta-besoin (la sécurité), et encore besoins d’un cadre de règles et de limites, d’identité, d’estime de soi et de valorisation de soi, d’expérience et d’exploration du monde. Ce lien d’attachement, en devenant intériorisé, servira par la suite de modèle à toutes les relations intimes et sociales de l’individu.

    Des troubles de l’attachement persistants sont fréquemment observés chez les personnes ayant vécu des expériences pathogènes pendant la petite enfance, faisant s’interroger sur les soins à développer.

    Les troubles de l’attachement, les psychotraumatismes :

    Savoir déterminer si le lien / les interactions observées entre la figure d’attachement (la mère / le substitut maternel) et l’enfant est pathologique, soit pouvant entraver le développement de l’enfant est primordial en termes de Santé Publique. Les conséquences de carences sévères, de violences sont plus graves si elles sont survenues très précocement car l’enfant se construit alors avec les symptômes consécutifs au traumatisme (psychotraumatismes) et la mise en place d’un système de règles sociales non conformes.

    Développer un accompagnement socio-éducatif et thérapeutique auprès de la relation parent-enfant – « les parents compétents »– le Projet Personnalisé de l’Enfant construit avec ses parents et les partenaires.

    La fragilité de l’enfant est en lien avec le peu de ressources propres pour y faire face compte tenu que l’acquisition des fonctions cognitives, de raisonnement, et langagières n’est pas terminée.

    Il nous faut donc réfléchir aux caractéristiques du soutien à des parents aux comportements inadaptés / en échec avec leurs enfants à mettre en place, base de toute évolution vers une compétence parentale.


    Le programme de la journée

    8h30 : Accueil

    9h00 : Accueil, Introduction

    • Sébastien Lecomte, Président Directeur Général SCIC Action Information Recherche

    9h30 – 12h30 : Développement des capacités cognitives et socio-émotionnelles chez l’enfant

    9h30 – 10h30 – Table ronde – Capacités cognitives

    Place et apports du Bilan Neuropsychologique dans les troubles de l’apprentissage de l’enfant

    • Marie Céline Pister, Psychologue du Développement, Formation Neuropsychologue, Besançon

    10h30 – 11h00 : Pause

    11h30 – 12h30 – Table ronde – Capacités socio-émotionnelles

    – Les capacités socio-émotionnelles : support cérébral et sa mise en place, impact de l’environnement du petit enfant sur son développement harmonieux. « Les 1000 premiers jours »

    • Monique Martinet, Neuro-Psychiatre Pédiatre, AIR

    – Les besoins fondamentaux Universels de l’enfant dont le méta-besoin la sécurité, les conditions d’un attachement sécure, soit les bases d’un développement harmonieux de l’enfant. Les principales manifestations d’un trouble de l’attachement

    • Universitaire, Université de Franche-Comté

    – Les psychotraumatismes, caractéristiques chez les enfants

    • Marie-France Calderone Psychologue Clinicienne en Psychopathologie, Diplôme Universitaire de Psychiatrie Légale, Praticienne EMDR Europe, Nice

    12h30 – 14h00 : Déjeuner

    14h00 – 16h00 – Table ronde – Caractéristiques du travail socio-éducatif et thérapeutique auprès de la relation parent-enfant – « les parents compétents » à répondre aux besoins de leur enfant

    L’objectif de cette table ronde est de travailler sur le thème de « comment se positionner et agir auprès de parents en difficultés avec leur enfant », sous la forme d’un large échange entre les participants, afin de développer une réflexion théorique et pragmatique. Les différents intervenants animeront le débat par leurs apports :

    1. Peut-on décrire des étapes dans le cheminement des parents après le placement de leur enfant ?
    2. Le support neurologique au changement de comportement de l’enfant, des attitudes parent / enfant.
    3. Quelle est la place de l’intégration corporelle (respiration et cohérence cardiaque…) dans la diminution du stress pour le parent mais également pour l’enfant ?
    4. L’approche systémique.
    5. Comment donne-t-on aux parents la possibilité de modifier leur façon d’être ? L’aide sous contrainte ?
    6. Quelle posture professionnelle adopter ?
    7. L’interdisciplinarité, pierre angulaire de l’analyse des situations complexes.
    8. Développer l’autodétermination de l’enfant et du parent, l’empowerment psychologique
    9. La participation de la famille dans le processus d’évaluation et de synthèse
    10. Le développement d’attitudes éducatives nouvelles (ne pas dire non à l’enfant mais le faire agir, apprendre à développer la tendresse inconnue…
    11. Exemple de l’approche Theraplay, thérapie par le jeu basée sur l’attachement enfant-parent

    Intervenants :

    • Pédopsychiatre : Monique Martinet
    • Psychologue Clinicienne : Marie France Calderone
    • Psychologue clinicienne, Docteure en Psychologie : Florence Mathieu-Nicot
    • Psychologue systémique : Directeur d’un Pôle handicap
    • Educateur, Master 2 inclusion sociale : Franck Stepien
    • Orthophoniste : Sandra Dumont
    • Educatrice libérale : Celia Jeannerod
    • Parent et jeune

    16h00 – 16h30 : Clôture

    Téléchargez le programme


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  • Les psychotraumatismes en stage INTER chez AIR Handicap

    Les psychotraumatismes – ces conséquences normales et graves sur la santé mentale suite à des violences – ont été enseignés à des stagiaires en stage INTER chez AIR Handicap ce jeudi 21 mars. Marie-France Calderone, psychologue spécialisée en psychologie clinique et psychopathologie, a formé médecins et psychologues sur ce thème. Zoom.

     

    Savoir les repérer

    Connaître les manifestations cliniques des psychotraumatismes et savoir diagnostiquer un état de stress post-traumatique : ce sont les connaissances apprises pendant la formation sur les psychotraumatismes dispensée par Marie-France Calderone ce jeudi 21 mars. Les médecins et psychologues présents ont pu identifier les causes généralement à l’origine de ce phénomène et évaluer les conséquences sur les plans psychologique et physiologique notamment. Les attitudes professionnelles à développer sont diverses et ont été abordées pendant la formation.

    L’objectif de la formation était double : pouvoir repérer les psychotraumatismes en institution et chez une personne en situation de handicap” explique Marie-France Calderone, psychologue spécialisée en psychologie clinique et psychopathologie et formatrice pour AIR Handicap.

    Des études de cas ont été apportées par les stagiaires permettant de mettre en relief les apports théoriques dispensés pendant la formation :

    j’ai beaucoup apprécié l’articulation entre le vécu et la pratique tout au long de la formation” explique une participante à l’issue de la formation.